Protocole d’accord FAO-Nafore, Renforcement de la paix et de la résilience socio-économique
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Protocole d’accord FAO-Nafore intitulé « Renforcement de capacités des jeunes champions en emplois verts et cohésion sociale sur effets du changement climatique, l’accès et la gestion durable des ressources naturelles à Dar Naim et Rosso »
Objectif du protocole d’accord
L’objectif global du projet est de promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes à travers la valorisation des emplois verts, tout en consolidant la paix sociale et la résilience face aux effets du changement climatique. Le projet intervient dans des zones à forte vulnérabilité socio-économique et environnementale, où les enjeux liés à la durabilité et à la cohésion sociale sont particulièrement présents.
Activité réalisée :
Produit 1 : Les campagnes de sensibilisation sur les effets du changement climatique et la gestion des ressources naturelles, cohésion sociale au profit des jeunes champions sont effectuées.












Produit 2 : Formation des jeunes Champions
À Dar Naim comme à Rosso, les défis sont visibles : pression sur les ressources naturelles, chômage des jeunes, tensions sociales parfois latentes et effets de plus en plus marqués du changement climatique. C’est dans ce contexte que, durant le mois d’octobre 2025, soixante jeunes mauritaniens ont pris part à une formation pas comme les autres.
Dans le cadre du protocole d’accord en la FAO et l’Association Naforé, cette initiative avait une ambition claire : transformer de jeunes citoyens en acteurs de paix, de résilience et de transition écologique au cœur de leurs communautés.
Pendant trois jours dans chaque localité, les salles de formation sont devenues des espaces de dialogue, de réflexion et d’engagement. Les participants, 50 jeunes « champions » et 10 membres des Comités Techniques Locaux ne sont pas venus seulement pour apprendre, mais pour comprendre leur rôle dans les transformations sociales et environnementales en cours. Parmi eux, 29 jeunes femmes, dont la participation active a renforcé la dimension inclusive de la dynamique.
Au fil des modules, les discussions ont relié les réalités locales aux enjeux globaux. Les jeunes ont exploré les causes et impacts du changement climatique en Mauritanie, découvert les opportunités offertes par l’économie verte et identifié des secteurs porteurs d’emplois durables. Très vite, les échanges ont dépassé la théorie : comment transformer un problème environnemental en opportunité économique ? Comment accéder aux financements verts ? Comment concevoir des projets utiles à sa communauté ?
Mais la formation ne s’est pas arrêtée à l’environnement. Elle a également abordé un sujet central dans la vie des communautés : la gestion des conflits. À travers des jeux de rôle, des mises en situation et des discussions ouvertes, les participants ont appris à reconnaître les sources de tension, à utiliser la communication non violente et à privilégier la médiation. Beaucoup ont souligné l’importance du rôle des femmes dans ces processus de dialogue et de cohésion sociale.
Le troisième pilier a ancré ces apprentissages dans la réalité juridique nationale. Les jeunes ont découvert les textes mauritaniens régissant la gestion des ressources naturelles, les codes forestier, pastoral et de l’environnement, leur donnant des repères pour comprendre leurs droits, leurs responsabilités et les mécanismes de résolution des conflits liés à l’accès aux ressources.
L’approche participative a marqué toute la formation. Entre pré-tests et post-tests, travaux de groupe, études de cas et partages d’expériences, les jeunes ont construit leurs savoirs collectivement. Les résultats ont été parlants : une nette progression des connaissances, 85 % des participants capables de s’orienter vers des mécanismes de financements verts, et près de 80 % ayant formulé des idées concrètes de micro-projets liés à l’économie verte.
Au-delà des chiffres, c’est un changement de posture qui s’est opéré. Plus de 85 % des participants perçoivent désormais l’économie verte comme une réponse réaliste aux défis climatiques. Beaucoup se sont engagés à sensibiliser leur entourage, à promouvoir le dialogue et à devenir des relais locaux de paix et de développement durable.
Cette formation n’était donc pas une fin en soi, mais le début d’un processus. Les recommandations issues des échanges appellent à créer des espaces de dialogue communautaire et à accompagner les micro-projets portés par ces jeunes champions. Car c’est dans la durée, au sein même des quartiers et des villages, que ces nouvelles compétences pourront se traduire en actions concrètes. À Dar Naim et à Rosso, une dynamique est lancée : celle d’une jeunesse outillée, consciente de son rôle et prête à construire un avenir plus vert, plus juste et plus apaisé.




Produit 3 : Atelier participatif sur les chaînes de valeur et la planification locale inclusive
Dans le cadre du partenariat entre la FAO et l’Association NAFORE, un atelier a été organisé à Dar Naïm et Rosso afin d’appuyer un processus participatif d’élaboration de plans de développement locaux sensibles au genre et à l’âge. Cette rencontre s’inscrit dans un dispositif visant à renforcer l’emploi des jeunes, les filières vertes et la gestion durable des ressources naturelles.
Ouvert par les autorités locales, l’atelier a réuni une diversité d’acteurs : comités techniques locaux, services communaux, organisations de producteurs, associations de jeunes et de femmes, acteurs économiques et partenaires techniques. Les échanges ont porté sur les résultats d’une étude des chaînes de valeur, mettant en avant les filières prioritaires notamment le maraîchage et la production laitière ainsi que les opportunités d’emplois pour les jeunes.
À travers des travaux de groupe, les participants ont formulé des recommandations concrètes autour de trois axes :
- Le renforcement des infrastructures et des équipements agricoles,
- L’inclusion des jeunes et des femmes dans les filières productives,
- L’adoption de technologies durables et innovantes.
À Dar Naim, l’accent a été mis sur l’accès à la terre, à l’eau, aux intrants et à l’encadrement technique, ainsi que sur le leadership féminin et la digitalisation de la commercialisation.
À Rosso, les priorités portent sur les infrastructures de conservation et de transformation (chambre froide, mini-laiterie), la mécanisation, le désenclavement des zones de production et l’amélioration de la qualité des produits.
Les discussions ont également souligné l’importance des solutions innovantes telles que l’irrigation économe en eau, le compostage, l’énergie solaire, la transformation locale et les outils numériques pour moderniser l’agriculture et la filière laitière, tout en créant des emplois verts.
À l’issue de l’atelier, l’Association Naforé s’est engagée à intégrer ces recommandations dans le plan d’action du protocole FAO-NAFORE, à mobiliser des ressources pour les actions prioritaires et à assurer un suivi régulier avec les acteurs locaux. Cet atelier marque ainsi une étape clé vers un développement local plus inclusif, résilient et créateur d’opportunités pour les jeunes et les femmes.





